Histoire de la Common law

 

Christophe ARCHAN Š second semestre

 

 

LEAD Technologies Inc. V1.01Les termes de common law dŽsignent tout dÕabord classiquement le systme juridique mis en place ˆ partir du XIIe sicle par les rois dÕAngleterre. Ce systme est centrŽ sur la production du droit par les juges royaux. Dans un sens plus gŽnŽral common law se rŽfre aussi ˆ lÕensemble du systme juridique de lÕAngleterre et des systmes qui, par le monde, en sont dŽrivŽs. Ces systmes sont particulirement nombreux et variŽs. On peut parler ˆ cet Žgard de Ē droit anglo-saxon Č, cÕest-ˆ-dire dÕun droit fondŽ ˆ lÕorigine sur la common law. Or Ē si lÕon veut pŽnŽtrer la moindre lŽgislation de cette immense communautŽ, il est indispensable, Žcrivait Ullmann, de conna”tre le systme juridique de lÕAngleterre Č. Inversement, lorsquÕon conna”t les principes fondamentaux sur lesquels reposent le systme juridique de lÕAngleterre, on peut facilement aborder nÕimporte lequel des droits particuliers de lÕancien Empire britannique ou des Etats-Unis. Conna”tre lÕhistoire de la common law, cÕest comprendre le fonctionnement de lÕun des deux grand systmes juridiques de notre monde (lÕautre Žtant fondŽ sur le droit romain et parfaitement illustrŽ par le droit franais), un systme dont lÕimportance ne fait aujourdÕhui que sÕaccro”tre.

 

Cet enseignement cherchera ˆ montrer comment le systme juridique anglais a divergŽ des modles continentaux fondŽs sur le droit romain pour aboutir ˆ ce modle original qui se rŽpandra plus tard dans le monde entier. A lÕorigine en effet, si nous prenons lÕexemple de la France, lÕenseignement du droit est donnŽ dans les universitŽs ˆ partir du dŽbut du XIIIe sicle et se fonde sur le droit romain. Mme si les tribunaux ont continuŽ ˆ appliquer en principe les coutumes, leur manire de considŽrer celles-ci, de les interprŽter, de les adapter et de les complŽter a ŽtŽ de faon plus ou moins consciente, profondŽment influencŽe par le droit romain. AujourdÕhui, nos concepts et nos catŽgories juridiques demeurent essentiellement les concepts et les catŽgories quÕont enseignŽs les universitŽs en partant du droit romain. Enfin, nos codes sont les fondements des dŽcisions judiciaires.

Du c™tŽ de lÕAngleterre les choses sont radicalement diffŽrentes. Les universitŽs anglaises ont bien enseignŽ le droit romain, mais leur influence a ŽtŽ nŽgligeable. Les juridictions qui appliquaient les coutumes ont disparu (contrairement ˆ ce qui sÕest passŽ en France) au profit des cours royales considŽrŽes longtemps comme des juridictions dÕexception. Ces cours ont ŽlaborŽ un droit nouveau, la common law. Le droit romain nÕy a eu quÕun r™le trs limitŽ. La conception du droit est liŽe au contentieux, cÕest une conception essentiellement jurisprudentielle. Les catŽgories et les concepts sont liŽs au formalisme que les cours devaient observer. Le juge a dans ce systme, une place fondamentale.

 

Or ce formalisme judiciaire ainsi que le r™le essentiel reconnu aux juges, rappellent Žtrangement les pratiques qui existent alors depuis longtemps dans lՔle voisine Š lÕIrlande Š  occupŽe par les barons anglais peu de temps avant la naissance de la common law. Il sera donc proposŽ dans cet enseignement, une incursion dans le monde juridique mŽdiŽval irlandais afin de savoir si lÕIrlande Š foyer culturel de lÕEurope du haut Moyen Age Š a pu dÕune manire ou dÕune autre influencer sa grande voisine lÕAngleterre. On sait en effet les sympathies de la Maison dÕAnjou pour la matire de Bretagne et les celtisants. Ainsi, Richard CĻur de Lion prŽtendait avoir retrouvŽ lՎpŽe dÕArthur ˆ Salisbury, Giraud de Cambrie, demi gallois, Žtait ˆ cheval entre deux cultures. Est-il possible quÕune partie de lÕesprit du droit irlandais, si prŽcocement affirmŽ, soit passŽe dans le droit du Royaume dÕAngleterre, et par lui, dans lÕune des grandes familles de droit qui se partagent le gouvernement du monde ?